J'ai lancé QuoteCheck : une business en ligne pour tester ce que les agents IA font pour vrai
Depuis 25 ans, chaque business en ligne que j'ai lancée a commencé de la même façon : moi, un café, et une liste de tout ce que j'allais devoir faire moi-même. Le site, le marketing, le code, les textes, la compta. Cette fois-ci, la liste est encore là. La différence, c'est que je ne suis plus celui qui l'exécute.
Je viens de lancer QuoteCheck, un petit outil en ligne pour les propriétaires qui reçoivent des soumissions de rénovation et qui ne savent pas trop comment les comparer. Il est en anglais, il coûte 19$ US par analyse, et il n'y a pas d'abonnement. Il vit sur Almost Clever, un site que j'ai lancé en même temps.
Mais QuoteCheck, c'est le prétexte. Le vrai projet, c'est l'expérience autour.
L'expérience : GPT-6 Astra dans Codex, avec des agents dédiés
Quand OpenAI a sorti GPT-6 Astra au début de septembre, tout le monde a parlé des scores de mathématiques. Ce qui m'intéressait, c'est autre chose : un modèle capable de se servir d'un ordinateur tout seul, de coder, de naviguer sur le web, de remplir des formulaires et d'enchaîner des tâches sans que je sois derrière chaque clic.
Je voulais savoir ce que ça donne quand on le branche sur une vraie business, avec de l'argent réel en jeu, plutôt que sur une démo.
Alors j'ai monté un système dans Codex : des skills spécialisés (des procédures écrites que le modèle suit pour une tâche précise) et des agents dédiés, chacun avec son rôle, de la recherche de marché au code, du SEO aux automatisations et au suivi des chiffres. La question que je me pose : est-ce que cette équipe-là, dirigée par un humain, peut construire un produit utile, trouver des clients et dégager une marge, avec presque rien en dépenses marketing?
Je ne connais pas la réponse, et c'est pour ça que je le fais.
Ce que l'IA fait, et ce que je fais
Je veux être clair sur un point, parce que c'est celui que tout le monde va mal comprendre : l'IA n'a pas créé une entreprise toute seule, et ce n'est pas ce que je teste.
L'IA exécute. Elle écrit le code, elle rédige les pages, elle fouille le marché, elle sort les rapports. Elle le fait vite et elle le fait bien la plupart du temps. Mais quelqu'un doit décider quoi bâtir, pour qui, à quel prix, et quand arrêter une idée qui ne marche pas. Ce quelqu'un, c'est moi.
J'ai passé 25 ans à monter des business en ligne : du marketing, de la programmation, de la direction créative, de la stratégie, des modèles d'affaires. J'ai bâti et vendu Pige.Québec. Ce bagage-là, il ne s'est pas transféré dans un prompt. Il sert chaque jour à définir les objectifs, à remettre en question ce que les agents me proposent (et ils proposent beaucoup de choses, dont une bonne partie que je refuse) et à trancher quand deux options se valent sur papier.
Un exemple concret : le modèle d'affaires. Un abonnement mensuel aurait été la voie facile, c'est ce que tout le monde fait avec un logiciel. Mais quelqu'un qui rénove sa cuisine compare ses soumissions une fois, pas tous les mois. Payer 19$ US pour une analyse, régler ton problème, et ne plus jamais entendre parler de moi, c'est plus honnête pour le client et plus simple à vendre. Cette décision-là vient de 25 ans à regarder des gens acheter, ou ne pas acheter.
Ce que l'expérience couvre
Le test ne s'arrête pas au lancement. Il couvre toute la chaîne d'une business en ligne :
- La recherche de marché : qui a ce problème, comment il le cherche, ce qui existe déjà
- Le développement du produit et de la page de vente
- Le SEO et le contenu qui doivent amener du trafic sans budget publicitaire
- Des automatisations qui roulent chaque jour sans moi
- Le suivi des KPI financiers : ce que ça coûte, ce que ça rapporte, et l'écart entre les deux
Et une boucle qui tourne par-dessus tout ça : observer, apprendre, ajuster. Chaque semaine, on regarde ce qui s'est passé, on comprend pourquoi, et on change quelque chose.
Ce que je ne vais pas te dire
Je ne vais pas te dire que ça marche, parce que je ne le sais pas encore. Au moment d'écrire ces lignes, QuoteCheck vient d'être mis en ligne. Zéro vente à annoncer, zéro rentabilité à célébrer, et surtout zéro autonomie parfaite : les agents se trompent, ils prennent des raccourcis, et une bonne partie de ma job consiste encore à repérer ce qui cloche avant que ça se rende en ligne.
C'est une expérimentation en cours. Je la documente au fur et à mesure, avec les vrais chiffres, y compris ceux qui sont moins beaux.
Les prochains articles vont couvrir ce que ça a coûté (en temps, en crédits, en argent), les erreurs que les agents ont faites et celles que j'ai faites moi-même, les limites qu'on a frappées, et ce que les premiers clients (s'il y en a) ont fait de l'outil.
Si tu veux suivre l'expérience au fil des semaines, c'est dans Pèse sur Play, mon infolettre du vendredi. Et si tu as des soumissions de rénovation qui traînent sur ta table de cuisine, QuoteCheck est en ligne. Ça me ferait un premier client à documenter.